L'extrême droite : le paroxysme de la malhonnêteté intellectuelle

Publié le 26 juillet 2026 à 02:56

L'extrême droite : le paroxysme de la malhonnêteté intellectuelle

Édito — Par Jean Widner DIEUJUSTE

Il y a une haine, aujourd'hui, qui traverse les continents sans jamais changer de visage. Aux États-Unis, en France, en Argentine, et dans tant d'autres démocraties fatiguées, l'extrême droite affiche le même réflexe : elle déteste l'intelligence. Elle déteste l'esprit critique. Elle déteste la nuance. Non par accident, mais par calcul — parce qu'un citoyen qui pense finement est un citoyen qu'on ne peut plus manipuler, et qu'un récit simpliste ne survit jamais à l'examen d'un esprit exigeant.

C'est là tout son projet, et il tient en un mot : fracturer. Diviser les citoyens entre eux, monter les communautés les unes contre les autres, pour faire passer des idées nauséabondes sous couvert de bon sens populaire. Chaque jour, un peu plus, la fenêtre d'Overton se déplace. Ce qui choquait hier devient discutable aujourd'hui, et sera banal demain. C'est une stratégie, patiente et méthodique, et elle porte un nom simple : le mensonge organisé.

Car il faut appeler les choses par leur nom. Non, l'extrême droite n'est pas une alternative légitime à la déception démocratique. Non, elle n'est pas une réponse au manque de sérieux de partis qui, eux, gouvernent dans les règles d'un débat contradictoire. Il suffit de regarder ses votes dans les hémicycles, ses silences complaisants — ou pire, ses soutiens assumés — face à des régimes qui pratiquent l'extermination de peuples entiers. On ne construit pas une politique sérieuse sur les décombres de la dignité humaine.

Alors, à qui la faute si ces idées progressent ? Pas seulement à ceux qui les portent. Aussi à ceux qui, par lassitude ou par confort, ont cessé de les combattre. Chaque citoyen honnête a un devoir : celui de résister, avec les armes qu'il possède — le savoir, la lecture, la mémoire historique, la capacité à démonter un mensonge avant qu'il ne devienne une évidence. Ce combat a un prix. Les attaques ad hominem viendront, parfois les menaces, parfois pire. Il ne faut pas en avoir peur. L'histoire, elle, ne pardonne pas aux silences complices. Elle nous a enseigné, au prix du sang, ce que cette idéologie fait à une société : une plaie qui ne se referme jamais tout à fait.

Résister, donc. Dénoncer. Mais surtout, proposer. Car il ne suffit pas de combattre le simplisme, encore faut-il lui opposer autre chose que le silence. L'immigration n'est pas la cause de tous les maux d'un pays. Les musulmans ne sont pas une menace. Les minorités ne sont pas des boucs émissaires commodes pour des politiques qui ont échoué ailleurs. Ce sont des faits, pas des opinions — et les faits, contrairement aux slogans, résistent à l'épreuve du temps.

Il y a un moment, dans la vie d'une démocratie, où se taire devient une forme de complicité. Ce moment, pour beaucoup, est déjà là. L'histoire ne nous demandera pas si nous étions fatigués, ou occupés, ou prudents. Elle nous demandera simplement ce que nous avons fait. À chacun d'entre nous d'y répondre — non pas demain, mais dès aujourd'hui.

 

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